Discours du Président de la République, Emmanuel Macron, sur l’intelligence artificielle

Publié le 12 avril 2018, par Thérèse Hameau

Transcription du discours du Président de la République, Emmanuel Macron, sur l’intelligence artificielle prononcé à Paris, au Collège de France, le jeudi 29 mars 2018.

Le Président de la République, Emmanuel Macron, dans son discours « AI FOR HUMANITY », du 29 mars 2018, donne quatre éléments qui permettront d’avoir une stratégie pour l’intelligence artificielle. Parmi eux, se situe l’ouverture des données dont celles « financées sur fonds publics [...] et les données issues des projets de Recherche, financés par l’Etat, par exemple dans la cadre du plan « Open Science », porté par la ministre Frédérique VIDAL ».

Voici quelques extraits de la transcription

« Cette stratégie [pour l’intelligence artificielle] à mes yeux passe par quatre éléments principaux qui procèdent largement du travail présenté par Cédric VILLANI et de ce qu’ensemble vous avez conçu. Le premier, c’est de nous mettre en situation de construire ou je dirai plutôt de conforter en France et en Europe l’écosystème de l’intelligence artificielle et, en particulier en ce qui concerne les talents, un véritable réseau de recherche et l’expérimentation. Le deuxième axe, c’est justement d’engager une politique résolue d’ouverture des données afin de favoriser l’émergence en France de champions de l’intelligence artificielle ou d’encourager leur développement.

Le troisième axe c’est d’avoir une stratégie à la fois de financement, de projets -une stratégie publique française et européenne qui nous permette dans certains secteurs de développer et d’accélérer notre présence et de réussir pleinement dans la compétition internationale. De la santé à la mobilité, j’y reviendrai dans quelques instants. Et, enfin, c’est de penser les termes d’un débat politique et éthique que l’intelligence artificielle alimente partout dans le monde mais dont nous devons poser les termes car il nous faut articuler une réflexion, des règles et une compréhension commune. »

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« Le deuxième chantier qui doit être le nôtre, c’est celui des données. Vous en avez rappelé toute l’importance à l’instant, le commissaire aussi, et c’est un atout de la France. Nous avons des bases de données centralisées massives, qui nous offrent l’opportunité de nous positionner à la pointe de l’intelligence artificielle dans certains secteurs. Beaucoup reprochent parfois à la France d’être un Etat jacobin, cela a des avantages, c’est que c’est organisé, c’est structuré et, dans ces moments-là, cela peut être une chance. Il faut donc savoir l’utiliser.

Pour permettre que soient exploitées au mieux les données, nous allons méthodiquement mais résolument procéder à une ouverture proactive de nos données. Cela passe d’abord et avant tout par l’ouverture des données publiques. Nous continuerons de renforcer et d’élargir le service public de la donnée, c’est-à-dire la liste des bases publiques ouvertes et maintenues avec un très haut niveau de qualité, de fraîcheur de la donnée et de disponibilité des services.

Les lois sont passées dans le quinquennat précédent qui ont défini le cadre ; il faut maintenant passer aux travaux pratiques, et le secrétaire d’Etat, dans les prochains mois, continuera, en lien avec chacun des départements ministériels, à ouvrir justement ces données publiques et à en définir le cadre explicite.

Nous ouvrirons également les données financées sur fonds publics. En particulier les données de santé, mais aussi les données des opérateurs de transport, à des fins de Recherche et d’intérêt général, ou encore par défaut les données issues des projets de Recherche, financés par l’Etat, par exemple dans la cadre du plan « Open Science », porté par la ministre Frédérique VIDAL. C’est là aussi une manière, sur la base de données qui sont consolidées par des programmes financés par le public, de créer un cadre qui permet une accélération, justement, de nos innovations et de l’avancée en matière d’intelligence artificielle.

Enfin, nous faciliterons la création de plates-formes de partage de données entre acteurs publics et privés, avec une logique sectorielle. Il faut en effet que les acteurs économiques eux-mêmes aillent plus loin dans leur pratique de partage et de valorisation de leurs données. A l’image des réseaux, la valeur des jeux de données croît plus que proportionnellement, on le sait, à leur taille ; il faut donc qu’on arrive à convaincre et à créer le cadre dans plusieurs secteurs d’ouvrir les données entre les acteurs qui peuvent être en compétition, mais dont la coopération en matière d’ouverture peut permettre des innovations, une amélioration de leur productivité, de leur « business models », des innovations profondément radicales, s’ils acceptent d’avoir une logique coopérative sur la base de ces plates-formes. »

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Écouter le discours


La transcription du discours